Choisir de s’expatrier est une décision importante dans une vie professionnelle mais elle l’est tout autant au niveau personnel. Si, lorsque l’on vit seul, décider de partir pour aller travailler dans un pays étranger ne présente qu’un engagement personnel, la problématique est alors tout autre lorsque l’on vit en couple ou que l’on a une famille.

Parfois aussi idyllique que cela pouvait sembler, la vie d’expatrié du conjoint et de ses enfants, lorsqu’il y en a, peut être tout autre. Néanmoins, cette expérience hors du commun peut aussi se révéler être une période enrichissante pour la ou les personnes qui suivent celui qui a trouvé un emploi ailleurs.

 

Pour le conjoint d’expatrié la décision de suivre sa moitié peut entrainer un certain nombre de sacrifices et de frustrations. D’un point de vue professionnel, si ce dernier occupe un emploi, il ou elle va devoir mettre sa carrière en stand by pendant un certain temps. Les congés sabbatiques existent, il est alors important de négocier avec l’employeur une reprise du post occupé au retour dans le cas ou le projet de mobilité internationale de l’autre ne serait que d’une année. 

 

Arrivé dans le pays d’accueil, le conjoint d’expat à un rôle à part entière. Alors que celui qui a du travail va avoir un rythme professionnel lourd, sa moitié va pouvoir le seconder dans toutes les démarches liées à l’installation dans le nouveau pays. Il s’agit d’un moment crucial pour bien commencer cette nouvelle vie. Trouver un logement, le transformer en un nouveau chez-soi, inscrire les enfants dans les différentes écoles, s’occuper de toutes les formalités administratives … sont autant d’étapes qui prennent du temps. Néanmoins, cela contribue aussi à se sentir utile. C’est une phase importante pour le conjoint suiveur qui a alors aussi sa part de responsabilités dans le projet d’expatriation du couple ou de la famille. Cette charge est valorisante pour ceux ou celles qui savent en tirer le maximum de bénéfices. Un rythme quotidien s’installe qui contribue grandement à s’intégrer. Les conjoints d’expat se retrouvent alors avec des missions à accomplir dont ils ou elles ne se souciaient pas dans leur précédente vie. Rapidement, les temps libres s’organisent autour de rencontres avec d’autres expatriés dans la même situation, un nouveau cercle social se crée, les activités sportives ou culturelles se mettent en place, ou parfois un emploi à temps partiel peut-être trouvé, le conjoint s’intègre alors bien dans le pays. 

 

Cependant, parfois les choses se passent très différemment. Lorsque qu’un poste à responsabilité a été quitté et que le nouveau pays d’accueil n’est finalement pas si accueillant, la situation peut vite virer au cauchemar pour le conjoint suiveur. Loin de ses repères et de ses habitudes de vie, il ou elle ne parvient pas à s’acclimater à cette nouvelle vie. Le sentiment d’avoir sacrifier sa carrière devient de plus en présent et celui de ne pas être à sa place dans ce pays étranger l’accompagne. Il n’est pas rare de constater des dépressions parmi ces personnes. Il appartient alors à celui qui a trouvé un emploi d’entendre le mal être de l’autre afin de trouver une solution pour une vie d’expat, en couple ou en famille, plus harmonieuse. Et au conjoint suiveur de s’organiser une nouvelle vie malgré les différences de culture et de langue.

 

Un projet d’expatriation lorsqu’il doit se vivre en couple doit être construit à deux ! Les deux parties doivent pouvoir exprimer leurs désirs et leurs appréhensions afin que celui qui suit trouve sa place une fois arrivé dans le nouveau pays sans avoir l’impression d’avoir mis sa vie entre parenthèses au profit de la carrière de l’autre.

Mathilde HAELEWYN par Mathilde HAELEWYN

International Mobility & Recruitment Consultant
IT Sector