Afin de palier à l’accélération du digital, les entreprises de services numériques sont aujourd’hui en quête de candidats. Elles n’hésitent pas à aller recruter hors de leurs frontières pour trouver les meilleurs profils. Dans le monde de la programmation informatique, les barrières de la langue s’effacent devant le codage universel et la mobilité internationale est facilitée. Rija E.R., un Architecte Informatique d’origine Malgache s’est expatrié pour mettre ses compétences au service d’une entreprise française. Il témoigne.

Rija E.R., diplômé en 1998 de l’Ecole Nationale d’Informatique (ENI) de Fianarantsoa à Madagascar, commence une carrière de consultant informatique dans une société de conseil locale. Deux ans plus tard, il rejoint une société de services et d’ingénierie en informatique à Antananarivo. Il y restera pendant plus de 17 ans, passant du poste de Chef de Projet à celui d’Architecte Informatique. En septembre 2017, il décide de quitter Madagascar pour saisir une opportunité professionnelle en France, un CDI chez INEAT Group à Villeneuve d’Ascq.

 

  • Comment est né votre projet de mobilité internationale ?

Ce n’était pas uniquement un projet professionnel mais un projet de vie. Ma femme et moi avions depuis longtemps pour objectif de scolariser nos enfants en France.

A l’âge de 35-40 ans, j’ai commencé à postuler dans différentes entreprises françaises. J’ai passé plusieurs entretiens qui se sont très bien déroulés mais n’ayant pas d’autorisation pour travailler dans l’espace Schengen, les entreprises ne donnaient pas suite à ma candidature. J’ai peu à peu perdu espoir et j’ai abandonné mon projet d’expatriation.

 

  • Avez-vous uniquement ciblé la France ? Pour quelles raisons ?

J’avais l’habitude de travailler avec des entreprises françaises et je connaissais le pays pour y être venu à plusieurs reprises dans le cadre de missions détachées. J'avais par ailleurs de très bons rapports avec mes collègues français et je parle français, ce qui représente un avantage dans le cadre d’une intégration.

 

  • Avez-vous reçu une aide dans vos démarches ?

J’ai commencé mes recherches seul mais elles n’aboutissaient à rien. Puis,  j’ai été contacté par un cabinet de recrutement et de mobilité internationale qui se déplaçait sur Tana avec un de leurs partenaires pour y faire passer des entretiens. J'ai saisi cette opportunité et j’ai décidé de tenter l’aventure.

Par ailleurs, le cabinet garantissait pouvoir prendre en charge l’ensemble des démarches administratives qui sont la plupart du temps complexes. À Madagascar, et comme dans de nombreux pays, la procédure d’obtention du visa de travail est fastidieuse. Il faut passer par un prestataire du consulat pour pouvoir déposer un dossier de candidature. Cet accompagnement m’était donc indispensable.

 

  • Etiez-vous inquiet de vous expatrier ? 

Oui j’étais inquiet !

Sur le plan professionnel, j’ai suivi une formation très généraliste en informatique mais c’est le parcours professionnel d’un ingénieur qui le spécialise. J’avais peur de ne pas être assez compétent. Je ne cherchais pas forcément un poste d’architecte en France. J’adore le développement et je voulais rester sur le volet technique pour bien le maîtriser et l’améliorer avant de prétendre à un poste plus fonctionnel.

Sur le plan personnel, j’avais également des appréhensions. Il ne s’agit pas seulement de quitter son pays, c’est aussi partir loin de sa famille et de ses amis. Je suis marié et père de famille, cela fait un peu plus d’un mois que je suis en France et mon petit dernier me réclame un appel tous les soirs.

À Madagascar, j’avais une situation assez confortable : je gagnais bien ma vie, ma famille possède deux logements. Un dans lequel nous vivons et un autre que nous proposons en location. Je pouvais aisément épargner la moitié de mon salaire chaque mois. Ce n’est pas toujours évident mais je garde le moral en me disant que c’est une magnifique opportunité d’évolution professionnelle.

 

  • Comment le cabinet de recrutement vous a t-il accompagné ?

J’ai apprécié la dimension conseil que m’a apporté le cabinet de recrutement. J’ai pu partager mes craintes avec des consultants qui étaient là pour m’aider. Ils ont compris ce que je recherchais et m’ont sensibilisé aux sacrifices auxquels je devrais me confronter si ce projet venait à se concrétiser.

Je me rappelle avoir rencontré le dirigeant qui m’a demandé de bien réfléchir.  Je devais être prêt à partir et à laisser ma famille pendant plus d’une année avant de pouvoir lancer les procédures de regroupement familial. Ils m’ont envoyé tous les documents nécessaires afin que je puisse peser le pour et le contre de ce choix. Mais ma décision était prise, nous étions prêts ma famille et moi et c’était ce que nous souhaitions.

 

Lire la suite de l'interview

Jenny BAYSIEU par Jenny BAYSIEU

Chargée de Recrutement