Le 25 septembre s’est tenue à l’Hôtel de Matignon la réunion annuelle des dirigeants de la promotion 2016-2017 des entreprises lauréates du Pass French Tech. A cette occasion, Mounir MAHJOUBI, Secrétaire d'État auprès du Premier Ministre, chargé du Numérique, a remis à Cooptalis, lauréat de la promotion 2016-2017 du Pass French Tech, le diplôme officiel. Edouard PHILIPPE, Premier Ministre, était également présent lors de la cérémonie.

Le Pass French Tech est un programme national d’accompagnement des entreprises en hyper-croissance, pépites de la French Tech. Les partenaires de ce programme offrent de manière unique, prioritaire et accélérée des services premiums spécifiques à ces entreprises.

Cooptalis rejoint donc les rangs de l’éco-système du Pass French Tech pour sa capacité d’innovation sur le marché de la mobilité internationale et sa croissance exponentielle depuis sa création en 2012.
Cette distinction permettra à Cooptalis de bénéficier d’un accompagnement privilégié dans les prochaines étapes de son développement.

Interview d’Olivier DESURMONT, Président de Cooptalis.

 

Où en est Cooptalis aujourd’hui ?

Olivier DESURMONT : Cooptalis a été créée en septembre 2012, l’entreprise vient de fêter ses cinq ans et nous sommes aujourd’hui 300 salariés. Nous prévoyons de faire environ 12 millions de chiffre d’affaires cette année. Le siège de la société est basé à Lille, nous avons également des bureaux en France à Paris, Lyon et Toulouse et nous en ouvrons d’ici la fin de l’année à Nice et Aix en Provence. Au niveau international, nous sommes implantés au Maroc, en Tunisie et au Vietnam.

 

Qu’est ce qui a permis à Cooptalis d’obtenir le Pass French Tech ?

O.D : Le Pass French Tech récompense les entreprises qui sont en hyper croissance et qui ont également un relai digital.

Cooptalis est depuis le début de sa création sur un rythme de croissance exponentiel. Nous doublons de taille chaque année. En 2016, nous réalisions 6 millions de CA, nous prévoyons cette année d’atteindre les 12 millions et de dépasser les 22 millions en 2018. Le Pass French Tech récompense avant tout cette croissance.

Il récompense par ailleurs notre côté disruptif. Nous sommes innovants sur notre marché et rompons avec les anciens schémas. Nous apportons aujourd’hui un service que personne d’autre n’apporte, une gestion intégrale des projets de mobilité internationale des candidats et des entreprises.

Nous avons également un projet interne qui va nous faire prendre un virage dans le digital. En terme de recrutement, nous faisons aujourd’hui notre métier de manière très professionnelle mais aussi très traditionnelle. Nous sommes en train de digitaliser notre mode de fonctionnement.

Ces trois éléments justifient notre Pass French Tech.

 

Il existe plusieurs thématiques pour le Pass French Tech, quelle est celle de Cooptalis ?

O.D : Nous sommes dans l‘univers des Ressources Humaines. Le monde des RH est aujourd’hui en plein bouleversement, les méthodes et les outils de recrutement sont en mutation profonde. De nombreux outils digitaux arrivent sur le marché, de nouvelles méthodologies, le regroupement des outils 2.0 comme avec LinkedIn. Nous sommes donc dans cette sphère là.

 

Quel est l’intérêt d’être labélisé French Tech ?

O.D : Le label apporte une vraie satisfaction à l’ensemble des équipes.

Dans cette aventure collective, le label représente la reconnaissance du travail de tout le monde, nous sommes tous très fiers en interne de l’avoir reçu. Nous avons été invités à Matignon, nous avons rencontré le Premier Ministre, le Secrétaire d’Etat chargé du Numérique, ce sont des moments forts et nous sommes ravis d’associer l’ensemble des collaborateurs à cette distinction. 

Le label nous a aussi conforté sur le fait que nous sommes sur la bonne voie et que nous avons le bon positionnement. Nous sommes au bon endroit au bon moment.

Lors de la remise de prix, le sujet d’introduction de Mounir MAHJOUBI, de Frederic MAZELLA (Blablacar) et d’Edouard PHILIPPE était l’enjeu de l’internationalisation des ressources humaines. Comment faire pour attirer les talents où qu’ils soient ? Comment accompagner les français qui veulent aller vivre une expérience professionnelle à l’étranger, ou comment aller chercher des talents hors de nos frontières pour les faire venir en France ? Edouard PHILIPPE soulevait très justement que les français sont mauvais à l’export.  Dans les entreprises anglo-saxonnes ou allemandes, 40% des effectifs sont d’origine étrangère. En France, nous sommes à moins de 10%. Les sociétés françaises ne sont pas câblées pour aller à l’international. La mondialisation des ressources est un enjeu politique et sociétal important. La baseline de Cooptalis est ‘Le talent n’a pas de frontières’, nous sommes donc au cœur de cette perspective.

Ce discours d’ouverture qui expliquait notre métier, nous a conforté sur le fait que nous sommes sur le bon créneau. 

Le label French Tech, c’est aussi une belle vitrine. Environ deux cent cinquante personnes étaient présentes à la cérémonie, nous avons pu rencontrer des personnes de BPI France, de fonds d’investissement, mais aussi des services publics. Tous ces acteurs sont là pour nous aider à nous développer, à nous structurer, et parfois à faciliter certaines démarches administratives. Par ailleurs, les banques privées ou les fonds d’investissements sont aujourd’hui en première ligne dans notre stratégie de croissance. Nous avons aujourd’hui besoin de nous appuyer sur des partenaires financiers qui vont nous permettre de nous donner les moyens de nos ambitions.

 

Que va apporter le Pass French Tech à compter d’aujourd’hui ?

O.D : Nous commençons déjà à ressentir les premier effet du Pass. C’est tout un écosystème qui se met à bouger. Nous avons plus de visibilité auprès des médias. Nous participons à des évènements nationaux mais aussi internationaux dans le cadre de missions organisées par Business France. C’est un véritable coup d’accélérateur pour l’entreprise. Nous n’avons que cinq ans d’existence aujourd’hui, nous sommes encore jeunes et avons besoin de progresser. Le Pass nous octroie une certaine légitimité auprès des banques et de l’ensemble de nos partenaires, nous permettant d’aller plus vite et de rassurer tout notre écosystème.

 

Quels sont vos projets à court et moyen termes?

O.D : L’ambition de l’entreprise est de devenir la référence mondiale en termes d’expatriation. Nous souhaitons que partout dans le monde une personne qui souhaite s’expatrier ou simplement réfléchir à un projet de mobilité internationale ait le reflexe Cooptalis. Aujourd’hui les personnes qui veulent s’expatrier sont livrées à elles-mêmes, l’information est diffuse, elles ne savent pas où trouver les offres d’emploi, comment obtenir un visa ou gérer tout ce qui est lié au déménagement. C’est donc l’ensemble de ces sujets que nous avons agrégés chez Cooptalis pendant cinq ans et que nous commençons à dupliquer au niveau mondial.

Le projet d’avenir de Cooptalis est de continuer son développement en France mais surtout de déployer ses activités dans d’autres pays. Nous le faisons déjà au Maroc, au Vietnam et en Tunisie, et prévoyons de le faire également au Canada, en Allemagne, et en Angleterre en 2018. Nous avons listé entre vingt et trente pays dans lesquels nous souhaitons nous implanter d’ici les vingt prochaines années. L’ambition en terme de croissance est forte et si nous voulons devenir la référence mondiale, cela doit passer par un développement international.

 

Dans ce cadre là, vous appuierez-vous sur des partenaires locaux  ?

O.D : Nous avons déjà commencé à rencontrer des partenaires locaux. Par exemple, nous sommes allés au Sénégal faire la connaissance du Ministre du Travail. Travailler avec les institutions françaises, européennes et locales est indispensable. Nous avons signé un partenariat avec l’Anapec au Maroc (l’équivalent de Pôle-emploi en France), nous travaillons ensemble sur la mobilité des talents marocains. Il est certain que l’appui des institutions françaises est un atout pour créer du lien à l’étranger.

 

Qu’en est-il de votre digitalisation ?

O.D : Le digital est le deuxième grand sujet de notre développement. La croissance de l’entreprise ne pourra se faire qu’en passant par le digital. Nous sommes en train de réinventer notre métier. Aujourd’hui, nos points de contact avec nos clients sont notre site internet et nos collaborateurs.

Nous souhaitons créer un point de contact digital avec une plateforme internationale afin que toute personne ayant un projet d’expatriation puisse se connecter sur notre plateforme et aller directement chercher les réponses à ses questions.

C’est un projet important, nous avons fléché plusieurs millions d’euros d’investissements sur les années à venir, et déploierons beaucoup d’effort et d’énergie. Il s’agit de la pierre angulaire du projet Cooptalis sur les deux ou trois prochaines années.

 

Envisagez-vous des levées de fonds ?

O.D : Nous sommes aujourd’hui une entreprise rentable et nous nous développons de manière très rapide. Il y a un véritable besoin sur le marché de l’emploi, les candidats à l’expatriation sont nombreux et partout dans le monde, ils cherchent des solutions. Par ailleurs, les entreprises qui souhaitent attirer des talents ne savent pas comment faire. Nous devons donc aller vite sur ces sujets afin de répondre à cette demande. Avec une ambition aussi forte que la notre, il nous faut un peu de carburant et aller chercher de l’argent.

Les résultats  que nous générons sont très satisfaisants mais pas suffisants pour accompagner la croissance. Nous doublons de taille chaque année, cela nécessite de la trésorerie. Par ailleurs, les investissements dans le digital ou les ouvertures d’agences en France et à l’étranger nécessitent également des fonds importants qui se chiffrent en millions d’euros. Notre stratégie de développement s’oriente non seulement vers une croissance endogène mais également exogène. Nous commençons à envisager plusieurs acquisitions dont la première devrait aboutir d’ici la fin de l’année. C’est une aventure passionnante et structurante pour l’entreprise mais elle nécessite aussi des moyens financiers.  Nous avons donc besoin de lever des fonds.

Nous préparons cette levée sur un montant qui oscille entre 10 et 20 millions d’euros. Nous rencontrons des acteurs de la région Nord et également de la région parisienne. L’accueil a jusqu’à ce jour toujours été plus que chaleureux.

 

Comment envisagez-vous l’avenir de Cooptalis ?

O.D : Nous avons la chance d’avoir de belles perspectives. Notre vécu parle pour nous. Nous sommes également une équipe expérimentée et déterminée. Nous avons la chance d’avoir de nombreux talents en interne, la société ne repose pas uniquement sur une seule personne, nous faisons un véritable travail d’équipe. Nous n’avons que cinq ans d’existence et déjà une certaine maturité, nous sommes sur un marché intéressant, nous avons des perspectives énormes, un modèle économique prouvé et une équipe qui fonctionne et qui se sent concernée.

Cooptalis a une responsabilité collective dont tous les collaborateurs ont conscience. Nous avons la capacité de changer la vie des personnes qui viennent nous solliciter. C’est une responsabilité importante. Il existe au sein de nos équipes une vraie dimension humaine que tout le monde partage.

Nous avons de vraies valeurs que nous défendons et que tout le monde s’est approprié en interne. Diversité, engagement, audace et plaisir.

 

En savoir plus : La French Tech

Photo : © Mathieu Delmestre

Olivier DESURMONT par Olivier DESURMONT

Président